Fortaleza



Le littoral cearense totalement dépourvu de terres argileuses et fertiles typiques de la forêt nordestine, ne permet pas la culture de la canne à sucre. La présence des noirs est notablement moins forte qu’à Bahia et au Pernambuco par exemple. L’économie coloniale du Céara s’est constituée à partir du binôme coton-élevage avec l’usage abondant de main d’œuvre cabocle (métissage d’indien et de portugais).  

Avant l'arrivée du colonisateur portugais, le territoire cearense était habité par près de 22 nations indigènes appartenant à 4 familles : tupi, cariri,  tarariú et tremembé. Le processus de colonisation a provoqué l'extermination de plusieurs tribus et beaucoup des survivants, purs ou métis, comme le relatent les historiens furent appelés cabocles. Depuis longtemps, on dit que le Ceará n'a plus d'indiens bien qu'ils se soient dilués dans la population locale. Aujourd'hui, certains petits groupes d'indigènes tentent de retrouver leur identité. Parmi les peuples tupis, les tabajaras sont les plus importants. Le personnage d'Iracema à partir duquel se construisit le mythe de la fondation du ceara, était Tabajara. Il raconte l'amour entre une indienne et un colon portugais et fut tiré du roman de José de Alencar.


Dans le roman d'Iracema, la légende du Ceará (1865),  José de Alencar parle de l'amour entre un guerrier blanc Martim et d'une indienne Iracema. Et, si Iracema est le fruit de l'imagination de l'auteur, Martim est inspiré du portugais Martim Soares qui arriva sur ces terres en 1611 pour peupler les rives de la rivière Siará. De la romance entre les deux, naquit Moacir, le fils de la souffrance, le fils de 2 civilisations.

La plage où Iracema rencontra Martim est le point de rencontre de Fortaleza avec les étrangers, son port d'entrée pour le monde. Ce n'est pas par hasard si la plage est dans tous les circuits, changeant juste de nom et de direction. Elle est toujours en tout lieu, même quand on lui tourne le dos et que l'on trouve face à Fortaleza, le Sertão. Un touriste attentif remarquera qu'à Fortaleza on indique jamais le chemin dans le sens nord-sud ou est-ouest. Dans cette ville on dit : « va en direction du sertão » ou « continue en direction de la plage ».

Le peuplement de la région de Fortaleza a commencé dans les premières années du XVI siècle quand le portugais Pero Coelho de Souza arriva sur les côtes du Ceara. Au cours de la lutte entre les puissantes colonies, les Hollandais envoyèrent des hommes dans la région et, le Hollandais Mathias Beck construisit Fort Schoonenborch ("belle forteresse"), qui est à l'origine de la ville. Avec l'expulsion des Hollandais du Brésil en 1654, les portugais prirent le fort et le baptisèrent Fortaleza de Nossa Senhora da Assunção. La communauté autour fut baptisée du même nom. En 1726,  le village de Fortaleza fut installé et en 1823, il se transforma en ville.

Fortaleza est depuis sa fondation le lieu où arrivent les sertanejos qui fuient la sécheresse. Partout dans la ville, on y trouve le Sertão qui se mêle à l’air de la plage : ainsi, on y mange le poisson frit (cuisine de plage) la pas de deux (riz, haricots avec du fromage, une cuisine typique du Sertão). La profession de vacher, le sort de l’agriculteur et l’amour de la pluie en sont les marques caractéristiques.



Jamais, y compris celui qui a acheté un forfait touristique pour fuir l'hiver, ne se plaint des rares pluies qui tombent à Fortaleza. Sinon, vous courrez le risque d'être hué comme c'est arrivé une fois au Soleil lui-même. C'était sur la place de Ferreira , dans le centre de la ville, au cours des années 30, lorsque le soleil osa apparaître après une festive et réconfortante semaine de pluie.

Dans le Ceara comme c'est la cas de toutes les régions tropicales, il n'y a pas 4 saisons : il y a une période de pluies (décembre-avril) marquée par les récoltes et l'abondance, et une période de sécheresse (mai-novembre). C'est pourquoi se plaindre de la pluie dans un état dont 80% du territoire est semi-aide relève de l'hérésie. Il ne fait jamais froid à Fortaleza et la température oscille entre 24° et 35° C.

Du Sertão viennent d'autres traces typiques de la culture cearense comme la religion. Le cearense est par exemple, dévot du père Cicero à Juazeiro do Norte, de Saint Antoine à Barbalha, de Saint François à Canindé et le patron de Fortaleza est notre dame de l'ascension dont la fête a lieu le 8 décembre.

Religieux oui, mais jamais austère. Le cearense intrépide, qui affronte la sécheresse du Sertão et la force de la mer sur les plages, est irrévérencieux à l'extrême. Ainsi, de grands humoristes sont sortis du Ceará Chico Anísio, Renato Aragão et Tom Cavalcante, mais cette bonne humeur n'est aujourd'hui plus aussi marquée.

Dans la construction mythologique du Ceará, les écrits et les textes sur l'impertinence, le divertissement et les histoires joyeuses sont récurrents. Si fameux quand le Ceara "Terra da Luz" est le "Ceará impertinent", cité pour la première fois par Adolfo Caminha dans le roman « A Normalista » (1892). Dans le roman le personnage se plaint des ragots publiés par un petit journal de l'époque.

Le Ceará impertinent produisit de nombreux journaux sarcastiques et fut même le titre d'une revue d'humour. Les personnages du dilettantisme sont historiquement de type populaire et inspirent aujourd'hui les humoristes de la terre entière. La place de Ferreira, dans le  Centre de Fortaleza, est encore le podium de l'impertinence. On aime rire de l'accent cearense, de sa tête plate, de son cou court, mais on se prépare à ce qu'il se moque encore plus de lui-même.

On rit, on mange, on boit, on flirte, on va à la plage, au cinéma, au musée, au théâtre. Fortaleza vit un boom du tourisme et est aujourd'hui une ville où abonde une offre de bons services culturels.

Données géographiques
Population :
2.125.753 habitants
Latitude :
3,5º Sud
Longitude :
38º Ouest
Température moyenne annuelle :
27ºC
Climat :
tropical chaud et sec
lever du soleil :
entre 5h e 5h30min
Coucher du soleil :
entre 17h20min e 18h
Altitude :
26,36m au dessus du niveau de la mer
Topographie :
plaine
Distances :
2.285km de Brasília, 2.805km do Rio de Janeiro, 3.127km de São Paulo.